Les plus belles histoires de derniers en course à pied

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Certes, certains athlètes visent avant tout la performance et le classement mais pour beaucoup d’entre eux, la course à pied va au-delà de la performance. Et c’est ce qui fait la particularité et la beauté de ce sport : l’objectif est avant tout de prendre du plaisir et de réussir à finir la course, peu importe de finir parmi les derniers.

Une fois n’est pas coutume, il ne s’agit pas dans cet article de parler des premiers arrivés. Non, nous allons plutôt parler de ceux qui se battent contre leur propre objectif, luttent avec leur corps et leurs ressources mentales pour rallier la ligne d’arrivée avec fierté. Et vous verrez que c’est parfois à l‘arrière de la course que naissent les histoires les plus épiques.

Découvrons les récits et les histoires hors normes de ces coureurs dont on ne parle pas assez : les derniers finishers de marathons, de trails ou d’ultra trails.

DERNIER SUR LA COURSE, PREMIER DANS LA TÊTE :

JOHN STEPHEN AKHWARI, LE DERNIER DES PREMIERS

John Stephen Akhwari aux jeux olympiques de Mexico en 1968

Revenons des dizaines d’années en arrière, lors des jeux olympiques de 1968 à Mexico 🏃🏿

John Stephen Akhwari représente alors son pays, la Tanzanie, pour l’épreuve de marathon. Celle ci tourne, malheureusement pour lui, vite au cauchemar.

Lors de sa course, Akhwari chute sur le béton, ce qui lui cause une grave blessure. Les médecins qui le prennent en charge à ce moment constatent que son genou est en partie disloqué et qu’il s’est fait une entaille sur la jambe provoquant un important saignement. Les médecins veulent alors l’emmener à l’hôpital pour le soigner au mieux : Akhwari n’est pas en état de continuer la course

Et pourtant ! Après avoir reçu les premiers soins, Akhwari se relève et reprend son marathon, la jambe bandée. Bien qu’il soit conscient que l’espoir de réaliser un bon résultat s’est envolé, il veut finir sa course, même si cela doit lui prendre des heures.

Ce jour-là, à cause de l’altitude de la course, 17 coureurs sur 74 n’ont pu terminer la course, mais Akhwari n’en fait pas partie

Après 3 heures 25 minutes d’effort, contre 2 heures 20 pour le premier, il parvient à franchir la ligne d’arrivée en boitant et dans la douleur.

Quand on lui demande pourquoi il a continué à courir malgré sa blessure, il répond qu’il n’a pas fait tous ces kilomètres pour démarrer la course, mais pour la finir.

Une phrase très inspirante qui justifie bien qu’on l’ait surnommé par la suite « le roi sans couronne » et qu’il fasse la une des journaux, en dépit de sa dernière place 👑

« FINIRA BIEN QUI FINIRA LE DERNIER », LA DIAGONALE DES FOUS DE JEAN-YVES BARON

Jean Yves Baron après sa Diagonale des Fous

Foncez découvrir la course de Jean Yves Baron, tout simplement unique en son genre.

Dans cet épisode de Course Épique, partez à la découverte d’un coureur français qui vous raconte sa Diagonale des Fous (qui porte bien son nom) sur l’île de la Réunion. Une course au scénario absolument imprévisible : vous découvrirez un récit qu’on croirait presque sorti d’un livre ou d’un film… et pourtant tout est vrai !

Jean-Yves tombe très vite malade sur la course et se retrouve vite dans les derniers mais il a toujours l’objectif de la terminer, il n’a pas fait 11 heures d’avion pour abandonner aussi vite. S’en suit une série de péripéties qui mettent son aventure en péril : un déluge qui rend sa lampe frontale inutilisable, une chute dans le vide qui aurait pu très mal se terminer, des passages aux ravitaillements à quelques minutes de la barrière horaire, Jean-Yves est à deux doigts d’abandonner. Mais il est remotivé à distance par sa famille pour terminer son aventure qui n’a pas fini de lui réserver encore bien des surprises 😮

Vivez dans cet épisode en totale immersion une course folle, riche de péripéties et de suspense avec une fin de course… épique ! Foncez découvrir cette pépite 💎

👉 Écouter l’épisode 54 👈

AMINA ABDUL-JALIL, DERNIÈRE FINISHER DU SEMI MARATHON D’ATLANTA

Amina Abdul-Jalil fière de sa course à pied

C’est en 2017 qu’Amina se met à courir. Le déclic, c’est le moment où un médecin diagnostique un cancer du sein à sa mère. Amina prend alors beaucoup de poids. Elle décide quelques temps après que le moment est venu de se prendre en main. Elle rejoint alors un groupe de course à pied nommé « Black girls run » pour l’aider à vaincre sa dépression.

Grâce à ce groupe, elle a l’opportunité de courir le semi-marathon d’Atlanta, nommé The Race. Après beaucoup d’hésitation en raison de son asthme et de son manque d’endurance d’alors, elle décide d’y participer et se lance dans un programme de 12 semaines d’entraînement.

Le départ est donné ! Autour du 5ème kilomètre, un médecin de la course dit à Amina que si elle continue à ce rythme, elle ne pourra pas finir son semi-marathon. Un coup de massue pour cette mère de 42 ans qui se sent alors découragée. Mais c’est en repensant à son groupe de course qu’elle trouve la ressource pour se remotiver. A chaque pensée négative qui la submerge, elle pense aux encouragements de son groupe avant la course 👏

C’est ainsi qu’Amina termine la course en dernière position, une place qu’elle redoutait au départ mais dont elle est fière aujourd’hui, car pour elle ça n’est pas une compétition, c’est une validation du travail accompli, et elle « reprendrait cette position 25 fois encore », s’il le fallait.

Découvrez l’histoire d’Amina et celle d’autres derniers finishers dans cet article de CNN.

« LE DERNIER DES FINISHERS », L’UTMB D’ABDENNOUR BENMAMMAR

Abdennour Benmammar à l'UTMB 2018

Encore une incroyable histoire de dernier finisher à découvrir dans le podcast Course Épique ! Cette fois, rendez-vous sur l’UTMB 2018. Cette année là 1778 participants (sur 2561 au départ) arrivent à boucler ce fameux tour du Mont-Blanc. Abdennour a été ce 1778ème coureur.

Au départ de la course, il fait face à une grosse remise en question de ses capacités. Il nous confie dans l’épisode #9 « je ne savais même plus si j’étais un coureur quand j’ai vu les gens autour de moi si affûtés sur la ligne de départ ».

Débute ensuite une lutte de chaque instant contre la barrière horaire pour ne pas être éliminé de la course aux différents points de passage. En arrivant à chaque ravitaillement seulement à quelques minutes, pour ne pas dire secondes, de la limite, Abdennour réussit l’exploit de finir la course au bout de 46h, parmi les derniers soit 24h après le vainqueur d’alors, Xavier Thévenard !  

Vous pourrez découvrir sa course hors du commun et son combat contre lui-même et les éléments dans le 9ème épisode de Course Épique. Un épisode qui aura marqué les esprits… et les coeurs.

Et si vous avez 2 minutes, regardez la vidéo de son incroyable arrivée, acclamé par la foule  🙌  Emotions et frissons garantis !

👉 Écouter l’épisode 9 👈

LE PLUS LONG MARATHON DU MONDE

Enfin, terminons sur une note originale et découvrons comment un marathonien japonais a battu le record du marathon le plus longe de tous les temps, en terminant sa course… en 54 ans 😲

Tout a commencé lors des Jeux Olympiques de Stockholm en 1912 lorsque Shizo Kanakuri, un athlète japonais extrêmement prometteur en vue de ses temps réalisés pendant les phases de sélection, prend le départ de l’épreuve du marathon.

Malheureusement, à cette époque, les moyens de transport ne sont pas aussi développés qu’aujourd’hui et le trajet pour la Suède depuis le Japon est extrêmement long. Shizo n’est donc pas dans sa plus grande forme ce jour-là. Et les 35°C prévus ne sont pas faits pour le rassurer.

Au 27ème kilomètre, Shizo est pris d’étourdissements dû à un manque cruel d’hydratation. Un groupe de spectateurs bienveillants l’invite alors et lui propose de venir chez eux pour boire un jus de fruit et trouver un lit pour se reposer 💤

Malheureusement, son repos dure plus longtemps que prévu et le Japonais oublie de se réveiller. Il rentre discrètement dans son pays pour éviter l’humiliation de cet échec. Il est même porté disparu en Suède pendant de nombreuses années !

C’est en 1967, soit 54 ans après, que Shizo Kanakuri est invité par le Comité national olympique suédois à terminer son marathon.

Alors âgé de 76 ans, le coureur reprend l’épreuve à l’endroit où il l’avait laissée quelques années plus tôt. Shizo arrive tranquillement au Stade Olympique de Stockholm 54 ans, 8 mois, 6 jours, 8 heures, 32 minutes, 20 secondes et 3 dixièmes après avoir pris le départ. Une longue course dont vous pouvez découvrir les détails dans cet article.

Vous cherchez d’autres histoires de courses à pied hors du commun ? Le podcast Course Épique regorgent d’histoires d’athlètes élites mais aussi d’anonymes passionnés qui vivent, à leur échelle, des histoires de courses mémorables, universelles et inspirantes pour tous !

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