Moins de 15 jours. C’est le temps qu’il lui reste avant l’un des ultras les plus mythiques de la planète, et Thomas Cardin nous reçoit encore en tenue de course, transpirant de sa dernière sortie longue achevée quelques minutes avant.
La Western States 100 l’attend en Californie le 27 juin — 161 km, 5 500 m de dénivelé positif, une chaleur qui peut briser les plus aguerris. Mais avant de parler de la course, il y a une histoire plus grande à raconter : celle d’un homme qui a tout remis à plat.
Le champion qui devait réapprendre à vibrer
Quatre victoires sur le Ventoux, trois SaintéLyon, Champion de France, d’Europe — Thomas Cardin a tout gagné. Et c’est peut-être là que les choses ont commencé à se fissurer. Une lassitude à l’entraînement, des victoires qui déclenchent moins d’émotions, une blessure quelques semaines avant les Championnats du monde qui le prive de son objectif de l’année.

Thomas Cardin lors de la Chianti 2026 (Crédit Photo : Lilian Menetrier)
La tête qui dit stop. Ou plutôt : assez de ça, essaie autre chose. Ce basculement vers l’ultra-trail, Thomas Cardin en raconte les coulisses sans fard. Il y a d’abord la peur de perdre son niveau. Puis l’ego, forcément mis en jeu. Peu à peu, la confiance revient. Grâce à son coach, Philippe Propage. Et grâce à sa femme, Anne-Claire. Tous deux l’accompagnent dans une décision plus large, presque un changement de vie. Arrêter l’enseignement. Et devenir athlète professionnel à temps plein.
Dans cet épisode, Thomas parle de la redécouverte du plaisir de courir — ces sorties de cinq à six heures où l’on arrive fatigué mais pas détruit. Il évoque sa victoire sur son premier ultra à Chianti, la gestion de la chaleur comme défi existentiel de la Western, les séances en doudoune par 20 degrés, le capteur de température corporelle, et les équipes de recherche mobilisées pour qu’il arrive au départ dans les meilleures conditions.
Il parle aussi de cet imaginaire américain construit depuis l’adolescence — le Grand Canyon, Anton Krupicka torse nu, Jim Walmsley et son crop-top troué.
La Western n’est pas seulement une course. Pour Thomas, c’est le début d’un nouveau chemin, vécu avec son père, son équipementier partenaire, et une sincérité désarmante : « Après, je voudrais rentrer chez moi, retrouver ma famille. »
Derrière le coureur d’élite, il y a un homme qui a choisi de ne rien sacrifier. Et il est sacrément attachant.
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