Kathrine Switzer : portrait de celle qui a changé l’histoire de la course à pied

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Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons dans ce blog le portrait d’une personnalité qui a marqué le monde de la course à pied : Kathrine Switzer.

Vous avez très probablement déjà entendu parler d’elle : l’américaine Kathrine Switzer a joué un rôle fondateur dans la libération de la place de la femme dans la course à pied, à une époque où l’hégémonie masculine tenait à distance les coureuses ayant des velléités de prétendre aux mêmes droits que leurs homologues masculins.

Kathrine Switzer a posé une pierre fondatrice de l’histoire de la discipline en devenant le première femme à participer officiellement à un marathon en 1967.

Découvrons ensemble son histoire et son combat pour les femmes dans le sport et la société ✊🏻

À LA RENCONTRE D’UNE LÉGENDE DE LA COURSE A PIED

BOSTON : L’ACTE FONDATEUR DE KATHRINE SWITZER

Kathrine Switzer aidée par Tom Miller et Arnie Briggs à rester en course sur le marathon de Boston 1967
Kathrine Switzer, aidée par son compagnon Tom Miller et son entraineur Arnie Briggs, repousse les assauts de ceux qui voudraient la voir arrêter son Marathon de Chicago. Crédits : Boston Globe – Getty

En réalité, Kathrine n’est pas la première femme à courir un marathon : Roberta Gibb l’avait fait avant elle, mais sans y être officiellement inscrite.

Pour remettre les choses dans leur contexte, courir pour une femme est à l’époque très mal vu. Les études scientifiques sur le sujet étant très peu nombreuses, la rumeur, de ceux qui voudraient bien l’entendre, prétendrait que courir pourrait être dangereux pour les femmes et les masculiniserait. Mais voilà, courir, Kathrine adore ça. Ça fait déjà bien longtemps qu’elle s’entraîne au cross-country avec une équipe masculine, en parallèle de ses études en journalisme à Syracuse.

Lorsqu’elle entend parler de Roberta Gibb, c’est la révélation ! Elle se décide alors à participer au Marathon de Boston. Kathrine Switzer demande son avis à son entraîneur Arnie Briggs, qui s’y oppose dans un 1er temps, en raison des préjugés bien tenaces de l’époque. Il accepte cependant de la soutenir et de l’aider à y participer à deux conditions : elle doit lui démontrer sa capacité à prétendre à une telle distance à l’entraînement ; la participation des femmes à la course ne doit pas être officiellement interdite 🙌

Il n’en fallait pas plus pour Kathrine, une redoutable coureuse qui réalise même plus que la distance marathon lors de ses entraînements. Rien ne l’arrête. En plus de ça, le règlement de ce Marathon de Boston ne stipule pas clairement qu’il est interdit aux femmes d’y participer 🤫

Kathrine s’inscrit donc le 19 avril 1967, à 20 ans, en ne fournissant que ses initiales au moment de l’inscription, pour ne pas éveiller les soupçons de l’organisation. Le jour de la course, elle ne se cache pas des regards et assume pleinement sa féminité. Elle porte pour l’occasion du rouge à lèvres, du maquillage et un serre-tête. Kathryn peut prendre sans encombre le départ de la course, aux côtés de son entraîneur et de son compagnon Tom Miller.

Kathrine Switzer en plein effort sur le Marathon de Boston en 1967. Crédits : BREARLEY.COM

Cette situation apaisée ne sera que de courte durée : au sixième kilomètre un véhicule de journalistes et d’organisateurs la remarque et tente de l’arrêter. Jock Semple, directeur du Marathon de Boston de l’époque, essaye même de la faire sortir de sa course en la retenant et en lui criant « sortez de ma course et donnez-moi votre dossard! » 😯

Kathryn plus déterminée que jamais et bien entourée, voit son compagnon et son entraîneur repousser violemment les assauts de l’organisateur vers le bas-côté. Kathrine peut ainsi continuer sa course jusqu’à la finir après 4 heures et 20 minutes d’efforts 👏🏻

Mais son chrono n’a que peu d’importance. Au-delà d’avoir été la première femme à terminer officiellement un marathon, la portée symbolique de son engagement a dépassé les frontières américaines et a connu un retentissement mondial.

À l’issue de la course, Kathrine Switzer est finalement disqualifiée et suspendue par la fédération américaine d’athlétisme. 

Mais maintenant que vous connaissez un peu mieux Kathrine, vous avez évidemment compris que son combat ne s’arrêterait pas là ⬇️

L’INFLUENCE DE KATHRINE SWITZER DANS LE SPORT

Kathrine Switzer à l’occasion de son 40e marathon à Boston en 2017. Crédits : Elise Amendola/AP/SIPA

Suite à sa disqualification, Kathrine se lance alors dans un combat acharné pour défendre le sport féminin. Elle milite pour que l’association d’athlétisme de Boston permette aux femmes de participer au marathon et pour qu’un marathon féminin figure au programme des Jeux Olympiques 🥇

Et elle obtient gain de cause : le Marathon de Boston s’ouvre finalement officiellement aux femmes en 1972 et devient une discipline olympique ouverte aux femmes en 1984 à Los Angeles.

Kathrine devient alors une figure emblématique du sport féminin et une grande source d’inspiration pour de nombreuses athlètes 🥇

Encore aujourd’hui, nombreux sont ceux qui évoquent leur admiration et leur inspiration pour cette femme incroyable qui s’est battue pour les droits des femmes et a permis à la discipline d’évoluer. C’est par exemple le cas de Marie Brosselier qui nous parle de sa rencontre avec Kathrine dans l’épisode 62 « Free to run » du podcast Course Épique, un épisode passionnant et surprenant qui illustre parfaitement l’évolution de la course à pied de l’époque jusqu’à aujourd’hui 😇

La carrière sportive de Kathrine ne s’est pas arrêtée là : elle a depuis gagné le Marathon de New-York dans la catégorie féminine et a terminée 2ème du marathon de Boston en 1975. Elle ne s’est jamais arrêtée de courir et a même terminé en 2017 (soit 50 ans après son 1er marathon de Boston) son 40ème marathon à 71 ans, en 4h et 44min 😮

Une coureuse de légende qui a bien mérité sa nomination de « coureuse de la décennie« , selon le magazine Runner’s World. On lui aurait bien volontiers décerné le statut de coureuse du siècle, nous 🏆 Kathrin Switzer rejoindra même en 2011 le prestigieux National Women’s Hall of Fame, du fait de ses actions sociales pour la reconnaissance de la place des femmes dans le sport.

A la lecture de ce portrait, chacun peut mesurer qu’il y a incontestablement eu un avant et un après Kathrine Switzer, une contributrice majeure de ce qu’est devenue la course à pied aujourd’hui… et de ce qu’elle sera demain ! 

Et pour toujours plus de motivation pour aller courir, vous pouvez toujours écouter notre podcast Course Épique pour découvrir des histoires de courses hors du commun 😉

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